Tout ce qu'il faut savoir sur la précarité menstruelle

Vecteur d'inégalités et d'injustices sociales, la précarité menstruelle touche de plein fouet près de 500 millions de personnes dans le monde.© Photo de Sasin Tipchai/Pixabay

girl-1822702_960_720

Avec 500 millions de personnes touchées dans le monde, dont plus d'1,6 en France, la précarité menstruelle constitue un enjeu majeur en termes de santé publique. Véritable facteur d'inégalités hommes-femmes, ce fléau creuse également l'écart entre les populations aisées et les plus défavorisées. Mais concrètement : qu'est-ce que la précarité menstruelle et comment lutter contre ? Nous décryptons pour vous ce phénomène encore méconnu du grand public bien que récurrent.

 

 

Précarité menstruelle : de quoi s'agit-il ?

 

Aujourd'hui, on estime qu'une femme sur dix n'a pas accès aux protections hygiéniques de base dans le monde. Par manque de moyens financiers, d'informations ou encore d'infrastructures adaptées, les femmes sont fragilisées dans leur quotidien, et se trouvent démunies pour affronter leurs règles avec sérénité. Plus communément nommé "précarité menstruelle", ce manque d'équipement matériel est loin d'être anodin. Du décrochage scolaire, à l'isolement, en passant par la fragilité de l'accès au travail et à l'école, les conséquences sociales sont lourdes.

 

Et contrairement à ce que l'on pourrait penser, cet enjeu sanitaire majeur est loin de se limiter aux pays pauvres. En France et dans le reste des pays occidentaux, il est bel et bien présent et contribue à creuser les inégalités sociales, entre les classes mais également entre les hommes et les femmes.

 

Au-delà de son impact social, les risques sanitaires sont loin d'être négligeables. En effet, les femmes victimes de précarité menstruelle se trouvent bien souvent obligées d'improviser des protections hygiéniques artisanales.

 

Morceaux de tissus, papier journal, essuie-tout, chaussettes ou bouteilles d'eau utilisées "façon cup", les solutions déployées sont nombreuses. Particulièrement inconfortables, elles peuvent s'avérer dangereuses, avec des complications sanitaires et médicales plus ou moins graves. Parmi ces dernières, les démangeaisons, les infections mais également le syndrome du choc toxique sont fréquentes.

 

Enfin, il est difficile d'évoquer la précarité menstruelle sans pointer du doigt le coût des protections hygiéniques. Si en France, leur taux de TVA a été récemment abaissé à 5,5 % (contre 20 % en 2015 !), les produits de protection hygiénique restent extrêmement chers. Les populations les plus précaires y ont peu accès et sont nombreuses à s'en passer. Aujourd'hui, elles représentent en moyenne 18 euros par mois et par femme, sachant que chaque femme doit en utiliser plus de 10 000 au cours de sa vie.

 

 

Qui est concerné ?

 

Handicapante et déshumanisante, la précarité menstruelle touche de plein fouet les populations les plus fragiles. En Afrique, 65 % des filles se trouvent privées de protections hygiéniques chaque mois, faute d'accès à ces équipements de base. Pour cette raison, une fille sur dix sèche l'école durant ses règles. En Asie, les chiffres sont aussi dramatiques et varient d'un état à l'autre. Dans un pays comme le Sri Lanka, 37 % des jeunes filles manquent, chaque mois, un ou deux jours d'école.

 

Mais il n'est nul besoin d'aller au bout du monde pour rencontrer ce fléau. Sous nos horizons, le bilan est également dramatique. Sur le territoire français, sur 15,5 millions de femmes menstruées, on dénombre plus de 1,6 millions de victimes de précarité menstruelle.

 

Parmi les populations les plus à risques, de nombreuses étudiantes sont en situation financière précaire, les exposant d'autant plus au manque de protections hygiéniques. Aujourd'hui, une étudiante sur dix conçoit elle-même ses protections périodiques, tandis qu'une sur vingt utilise du papier toilette !

 

Selon la dernière enquête réalisée conjointement par la Fage (Fédération des associations générales étudiantes), l'ANESF (Association nationale des étudiants sages-Femmes) et l’Afep (Association fédérative des étudiants picto-charentais), 13 % des étudiantes ont déjà dû choisir entre des protections hygiéniques et un autre produit de première nécessité. Pour nombre d'entre elles, la précarité menstruelle rime avant tout avec manque de confiance en soi et sentiment d'exclusion.

 

Chez les femmes incarcérées, la situation n'est guère plus attrayante. Avec des produits hygiéniques vendus 60 % plus cher que dans le commerce, leur accès est loin d'être garanti. Les femmes qui manquent de moyens et/ou qui ne sont pas soutenues financièrement par leurs proches dépendent exclusivement de l'administration pénitentiaire. Malheureusement, d'un établissement à l'autre, le renouvellement des "kits d'hygiène" est particulièrement variable. Dans certaines prisons, il se fait rare, privant les détenues de leur droit à la décence et à l'hygiène la plus élémentaire.

 

Un troisième pan de la population s'expose chaque mois à la précarité menstruelle :

il s'agit des femmes sans domicile fixe. En France, elles sont plus de 50 000 à devoir se débrouiller avec "les moyens du bord". À la difficulté d'accès aux équipements hygiéniques, s'ajoute le manque grandissant de sanitaires gratuits pour changer de protection.

 

Enfin, il est bon de rappeler que de nombreuses collégiennes et lycéennes sont touchées par la précarité menstruelle. Par simple tabou des règles ou par manque de moyens financiers, certaines d'entre elles ne manquent pas de sécher les cours durant leurs règles.

 

 

Comment lutter contre ce phénomène ?

 

Longtemps ignorée des pouvoirs publics et de la société, la précarité menstruelle alimente aujourd'hui de nombreux débats. La lutte contre ce fléau s'inscrit dans une démarche globale de défense des droits de la Femme et de combat contre les inégalités et discriminations.

 

Pour briser le tabou des règles et faciliter l'accès de chacune aux protections hygiéniques, de nombreux acteurs de la société se mobilisent, à commencer par les associations. Parmi les plus connues, l'association Règles Élémentaires organise régulièrement des collectes nationales et internationales. L'objectif est de redistribuer des équipements de base aux femmes en situation de grande précarité, et notamment sans domicile fixe.

 

Côté pouvoirs publics, les initiatives commencent également à fleurir et on assiste, depuis quelques années, à une profonde prise de conscience des élus. Des distributions de protections gratuites dans les établissements scolaires, aux campagnes de sensibilisation, en passant par l'installation de distributeurs gratuits dans les lieux publics, les modes d'action se multiplient.

 

Enfin, pour lutter contre la précarité menstruelle, les protections lavables constituent des solutions d'avenir de plus en plus prisées. Réutilisables, faciles à nettoyer et saines, elles ne nécessitent qu'un investissement de base et évitent d'avoir à se réapprovisionner chaque mois. Optons pour les équipements lavables et mobilisons-nous pour enrayer la précarité menstruelle!

 

 

Par manque d'information, de moyens financiers ou d'infrastructures adaptées, la précarité menstruelle impacte le quotidien de nombreuses femmes dans le monde. Pour y mettre fin, il est essentiel de briser le tabou des règles et de mobiliser les sociétés civiles autour d'initiatives concrètes. Vous avez apprécié cet article et souhaitez échanger autour de ce sujet brûlant ?

 

N'hésitez pas à partager vos opinions en commentaires !

 

Et si vous désirez vous aussi vous mobiliser, rdv sur le site de Règles Elémentaires :)

 

 

Poster un commentaire

error check_circle
error check_circle
error check_circle

RESTEZ A LA PAGE


Suivez-moi sur facebook

MON HISTOIRE


En savoir plus sur moi

FRAIS DE PORT OFFERTS

à partir de 60€ en point relais
ou 120€ en Colissimo

Boutique propulsée par Wizishop

Je n'ai pas de compte,
je m'inscris

error check_circle
error check_circle remove_red_eye
error check_circle remove_red_eye

J'ai déjà un compte,